Marie-France Boisvert

Native du Saguenay-Lac St-Jean, Marie-France Boisvert capitalise plus d'une vingtaine d'années d'expérience à travers son art en passant par la création de tableaux et de sculptures. Titulaire d'un Baccalauréat en Design à l'Université Laval de Québec, c’est en 2008 qu'elle confirme sa démarche artistique avec l’obtention d'une Maîtrise en création à cette même université. Œuvrant maintenant à Montréal, Marie-France Boisvert continue avec la même ardeur d’accumuler prix, mentions et reconnaissances de ses pairs en exposant au Canada, aux États-Unis et en Europe.

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Je crée pour assouvir mon propre besoin d’exister…
La conception de mon travail tourne autour de l’idée de structure humaine comme lieu d’investigations émotionnelles. Je crée une translation entre le corps, le moi et l’autre, puis les autres et enfin l’espace. Le rythme composant l’œuvre se dissout, l’image s’effondre, sans toutefois perdre sa matérialité. La texture des tableaux commence à rejoindre la notion de sculpture; ce n’est plus de la peinture, ce sont des traces de passage, des éclats de lumière qui s’accrochent à la surface. Je tais les bruits des couleurs. Le jeu de transparence enveloppe l’espace et trouble la vision pour que ne subsiste plus cette exigence de penser. Les blancs, quant à eux, parfois timides mais souvent insolents, envahissent l’espace et font perdre toute notion temporelle, toute référence au lieu. Il ne reste que l’imagination, que l’impression d’un peut-être.

Éphéméride du temps, accumulation de segments temporels, le présent ne peut figurer au sein de mon œuvre. Il est question d’un passé, surtout d’un futur, mais la place du présent ne tient plus, il n’a lieu d’être qu’au moment de vie de l’œuvre, il est déjà révolu. Le temps n’a plus d’emprise; il s’essouffle, s’effondre. La nécessité de trouver des repères s’impose devant ce qui se manifeste comme une errance de la pensée ou une représentation sans but. Je montre de manière troublante les choses et les êtres dans cet univers matériel de traces où l’identité reste en suspens. Dans ce travail d’émulsion, ce qui se révèle comme formes fragiles et hésitantes, n’est qu’une image concrète confrontée à nulle autre que son empreinte, à une proche parenté que nous oublions de voir ou que nous ne sommes pas disposés à considérer.

Une mise en abîme du temps, un effondrement dans la structure temporelle pour engendrer chez le regardeur l’exigence de penser, voilà ce que j’investis dans la conception de mon art. L’image ou l’objet d’œuvre se transforme et laisse place à un nouveau sens. Il ne reste enfin que des impressions, un semblant de déjà-vu suggéré dans le tableau.
Espaces et personnages transgressent la réalité formelle des perceptions et définissent l’enjeu de nouvelles perceptions. Ainsi, l’immatérialité de l’image, sa régression vers l’informel, cherche à favoriser le déploiement de son sens de manière à permettre un rapprochement entre l’artiste et le regardeur. Dans mon processus de création, l’aspect de l’œuvre ne couvre pas l’interprétation. Le sujet s’impose, ses formes indéfinies jouxtant l’espace pour saisir l’infini.